La Cité Argentine est un édifice exceptionnel à plus d’un titre. Construite entre 1904 et 1908 pour un riche commanditaire argentin, Felipe de Mayol de Senillosa, elle témoigne des premières initiatives privées de logement social, par son programme mixte de boutiques et logements destinés aux personnels des grandes demeures environnantes. C’est l’une des premières réalisations des architectes Henri Sauvage et Charles Sarazin, et elle constitue une oeuvre atypique de l’architecture en pans de fer au milieu des immeubles hausmanniens. Son architecture est révélatrice des influences d’Henri Sauvage, emprunt des théories rationalistes de Viollet-le-Duc comme de l’Art Nouveau qu’il a connu à Nancy ou en Belgique, avant qu’il mette au point l’immeuble à gradins, aboutissement de ses recherches sur l’hygiénisme. La composition de la Cité Argentine en galerie montre la capacité d’invention typologique d’Henri Sauvage, lorsqu’il est confronté à la question du logement. Bien qu’elle ne soit pas traversante, sa composition évoque les passages couverts de Paris.
Trois problématiques principales sont posées à la Cité Argentine. Elles résultent de la confrontation du statut patrimonial de l’immeuble et des exigences de sécurité incendie, de gestion immobilière et de développement durable.

