Construite à partir de 1934 par l’architecte décorateur Eric Bagge, dans le cadre des Chantiers du Cardinal, l’église de Montrouge symbolise l’invention d’un art chrétien moderne. Consacrée en 1937, elle reste inachevée, faute de moyens financiers pour réaliser la flèche prévue en façade occidentale. Peintures murales et vitraux sont réalisés de 1947 à 1953. L’église de Montrouge affirme l’emploi du béton armé, utilisé brut sans enduit. La finition de l’épiderme est le seul décor.
La restauration de l’église Saint-Jacques, conduite par la ville de Montrouge, a abordé des problématiques de restauration des bétons. Une pollution chimique des bétons d’infrastructure, mémoire d’un ancien site industriel précédant l’église, a imposé un traitement par protection cathodique. Une grande attention a été portée aux façades à structure de béton bouchardé et panneaux en ciment à gravillons lavés. Œuvre totale, l’église Saint-Jacques a fait l’objet d’une restauration des décors,comme les peintures à l’huile du chœur. Le projet de Saint-Jacques de Montrouge a rétabli la monumentalité oubliée d’un édifice affirmant sa radicalité par la structure de béton armé.

